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L'écriture autobiographique comme valeur thérapeutique

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Le RIME a rencontré une auteure installée en Centre Tarn qui sera présente au Salon du Livre de Réalmont le 26 septembre 2015 : Muriel Batave-Matton...les-tilleuls-mentent
 
L'Equipe du RIME : Abordons dans un premier temps, vos récits autobiographiques - récits par lesquels vous vous êtes véritablement versée dans l'écriture, n'est-ce pas?
 Madame Batave-Matton : Oui. J'ai commencé à écrire tardivement.
L'élément déclencheur a été la mort de ma mère, restée invalide pendant 11 ans suite à un AVC.
J'étais sa fille unique et ces onze années furent un calvaire pour elle bien sûr, une maîtresse femme privée du jour au lendemain de toute autonomie mais aussi pour moi, impuissante à pouvoir la soulager et à réellement ensolleiller son triste quotidien.
Ces premiers récits autobiographiques qui n'avaient pas vocation à être publiés, ont été l'occasion pour moi de décharger un sac trop lourd et ont eu une incontestable valeur thérapeutique. J'ai pris goût à écrire ma peine pour mieux la transcender...
 

L'Equipe du RIME : Comment en êtes-vous arrivée à écrire des romans, après cette première phase d'écriture autobiographique?

Madame Batave-Matton : Un jour, en fait, après avoir mis un point final à Si tu l'as mérité.. j'ai eu envie de continuer pour écrire d'autres choses beacoup plus gaies. Mais j'ai poursuivi la thérapie en situant mes histoires en Corrèze d'où ma mère est originaire et qui m'est chère. Des mots sur mes maux concernant ma vie jusqu'à l'accident. Brutalement, alors que je venais de m'installer dans le Tarn avec mon mari , principal de collège et mon fils, de 8 ans à l'époque, le ciel m'est tombé sur la tête. J'avais 42 ans, devais "affronter" un nouveau cadre professionnel, de nouveaux collègues, un nouvel environnement et j'étais coupée pour ainsi dire de mes amis, sans autre famille que mon mari et mon fils et, comme je l'ai dit déjà, fille unique. Ce fut difficile et très éprouvant et ... je me suis un peu "oubliée " en chemin pendant ces onze années... Je peux dire que l'écriture m'a permis de poser sur moi, sur le monde et les autres un regard différent, plus aiguisé.... et aussi peut-être de me réconcilier avec moi-même...
Je suis consciente d'avoir la chance immense de pouvoir écrire et de savoir le faire.
 
L'Equipe du RIME : L'écriture de vos récits de fiction a-t-elle encore une valeur thérapeutique? Est-elle toujours aussi chargée en sentiments?
Madame Batave-Matton : Je vous rassure, je suis quelqu'un de gai et mes livres sont très chargés d'humour aussi, parfois un peu caustiques et n'ont plus rien à voir avec ma mère au niveau des histoires elle-mêmes. C'est vrai cependant que je suis attachée à décrire les sentiments, les émotions, ce qui est en quelque sorte une marque de fabrique... Et c'est sans doute pour cette raison que le processus d'identification opère souvent chez mes lecteurs.
 
 
Dans votre réseau de médiathèques, découvrez deux des oeuvres de l'auteure :
- Les tilleuls mentent (Ed. L'Ecriteau, 2014)
- Et tout ça pour ça ! (Ed. Le Panthéon, 2012)

 

Retrouvez l'actualité littéraire de Muriel Batave-Matton sur sa page Facebook auteurE: www.facebook.com/m.batavematton

 

 

 

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