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Prix des lecteurs 2018

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 prix lecteur

 

A l'occasion de la fête du livre du dimanche 30 septembre 2018, organisée par la Mairie de Réalmont en partenariat avec le RIME, le jury a décerné le prix des lecteurs à Michèle Teysseyre pour son roman "Moi, jean Pigasse ouvrier du canal". Un roman sur l'extraordinaire aventure qui allait  bouleverser le pays : le creusement  du Canal Royal de Languedoc, rebaptisé plus tard Canal du Midi. Un ouvrage que vous pouvez emprunter dans le réseau des Médiathèques Centre Tarn.

 

Interview de

Michèle TEYSSEYRE

 

 

Ce n'est pas la première fois que vous écrivez sur le Canal du Midi, pourquoi cet ouvrage vous intéresse t-il ?

C’est à travers son créateur que je me suis d’abord intéressée au Canal du Midi. La personnalité complexe de Pierre-Paul Riquet, à la fois ambitieux bourgeois-gentilhomme (contemporain de Molière) et « visionnaire pragmatique », m’a séduite. Lorsque j’écris un roman, je me documente énormément en amont. C’est ce qui va ensuite nourrir mon histoire. À travers ce travail préliminaire, j’ai découvert un personnage et un siècle bien différents de l’image d’Épinal trop souvent diffusée. Sans compter la beauté des sites et des ouvrages que j’ai revisités pour l’occasion.

 

 

Quelles ont été vos sources de documentation pour ce livre ?

Tout d’abord, et comme pour mon précédent roman Monsieur Riquet (Clairsud, 2014)1, les les documents conservés aux Archives des Voies Navigables de France à Toulouse. On y découvre non seulement l’intégralité de la correspondance entre Riquet et Colbert, mais aussi de précieux témoignages annexes (listes d’embauche, commandes de matériel etc.) Bien sûr, aussi, les chroniqueurs du temps : l’ingénieur des Eaux et Forêts Froidour, témoin du chantier ; le duc de Saint-Simon, Madame de Sévigné pour l’atmosphère de la cour et les événements concomitants. Une rencontre a été déterminante : celle du Michel Adgé, historien passionné du Canal qui lui a consacré une énorme thèse. Elle fourmille de faits précis, concrets, d’anecdotes aussi. C’est grâce à cette extraordinaire collecte et ses commentaires que j’ai pu donner chair et vie à mon (mes) héros de Moi, Jean Pigasse, ouvrier du Canal (Éditions du Cabardès 2017)2.

 

À travers cet ouvrier qui est Jean Pigasse,vous donnez la parole aux petites gens, Etait ce important pour vous de mettre en avant ces personnages ?

L’extraordinaire épopée de la construction du Canal avait toujours été racontée du point de vue des « décideurs » – ministres, intendants, ingénieurs, etc. Comment aurait-il pu en être autrement ? Les sources écrites dont nous disposons émanent des seules personnes instruites au XVIIe siècle, toutes d’origine aristocratique ou bourgeoise. Porter un autre regard sur cette aventure et ce temps, donner la parole aux humbles trop souvent « muets » parce que sachant rarement lire et écrire était une espèce de défi. Dans Monsieur Riquet, c’est François Andréossy, ingénieur-cartographe et bras-droit de Riquet, qui menait le récit. Bien qu’omniprésent, le peuple y apparaissait surtout en toile de fond. Monique Subra, directrice des Éditions du Cabardès, m’a alors proposer de raconter la même histoire sous un angle jamais abordé jusque-là. Le travail de recherche, puis d’écriture, qui s’en est suivit fut passionnant. Outre l’intérêt historique, il s’agissait aussi pour moi de rendre hommage à tous les « oubliés » de l’Histoire. Pour l’écrire, je me suis souvenue des gens simples de mon enfance (mes grands-parents maternels étaient issus de la campagne lauragaise), de leur manière de parler, de leurs joies et de leurs peines. En un mot, de leur univers. Un retour aux sources revigorant !

 

Travaillez vous sur un autre projet ? Si oui lequel ?

Plus qu’un projet, puisque je suis en phase de « bouclage » de mon prochain roman. Cette fois, j’emmène mon lecteur sur un autre continent, à la recherche d’un de mes ancêtres à l’étrange destin… Quête, enquête, roman initiatique que, d’une certaine manière, Moi Jean Pigasse préfigurait. Les archives familiales recèlent parfois des mystères qui sont autant d’aubaines pour le romancier.

Michèle Teysseyre, novembre 2018.

 

1 Prix spécial du Jury S.D.L.H (Mirepoix 2014)

2 Prix des Lecteurs du R.I.M.E (Réalmont 2018)

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